Participer au recensement des insectes pollinisateurs

Les enfants peuvent aussi participer aux sciences participatives

Les menaces qui pèsent sur la biodiversité

Depuis plusieurs années les populations d’insectes s’effondrent. Hors ils pollinisent environ 70% des espèces de plantes présentes en France, cultivées ou non. Inutile donc de préciser qu’il est très important de les préserver. Cette chute démographique impacte sur toute la chaîne alimentaire. Tout comme ces menaces de la biodiversité : la pollution atmosphérique et visuelle, la sur-exploitation, les maladies, le changement climatique, la destruction et dégradation des habitats, et l’invasion d’espèces étrangères. S’il y a certains éléments sur lesquels nous ne pouvons pas vraiment agir à notre échelle, nous pouvons déjà commencer par appliquer ceci dans notre propre jardin ou balcon :

C’est ce dernier point que je vais développer dans cet article.

Comment participer au recensement des insectes

Photo montrant un probable spécimen d'une espèce protégée de bousier
Probable Onthophagus vacca femelle, espèce sur liste rouge croisée dans mon jardin. ©Plus z’aine

Lorsque vous vous promenez dans un parc ou dans votre jardin, vous est-il arrivé de vous demander quel était ce joli insecte ? D’en mitrailler certains de photographies ? De vous dire que celui-ci c’est la première fois que vous le voyez ? Pour ma part oui. En fait tous les matins et tous les soirs (dans la mesure du possible), je fais le tour de mon petit jardin et je regarde ce qui pousse, ce qu’il y a de changé et découvre qui y vit. Je me suis inscrite sur plusieurs groupes de reconnaissance sur Facebook et cela m’a bien aidée. Au fil de mes années d’observations j’ai appris certains noms de plantes sauvages et d’insectes grâce à d’autres passionnés et suis désormais capable d’aider à mon tour pour certains. Je suis comme une enfant à chaque nouvel insecte inconnu découvert et m’empresse de rechercher des informations le concernant. Si vous êtes comme moi, sachez que votre engouement pour les insectes peut aider les scientifiques, même en tant que simple amateur !

Comme vous l’avez vu cette semaine, j’ai partagé sur Facebook une affiche de l’OPIE (Office Pour les Insectes et leur Environnement) présentée sous forme d’avis de recherche. Elle indiquait deux des trois programmes participatifs actuels : les enquêtes sur le Lucane cerf-volant, la Rosalie des Alpes et la Laineuse du prunellier. Le principe est simple, il suffit de cliquer sur les différents liens afin de remplir les informations demandées sur l’espèce observée : lieu, date, sur quelle plante… Et d’y joindre vos coordonnées ainsi qu’une photo. Toutes ces mines d’or d’informations sont ensuite utilisées par les scientifiques pour mieux connaître les insectes visés. Très utile pour apprendre à protéger ceux menacés.

Aider les scientifiques avec le SPIPOLL

Et même si nous n’avons pas la chance de croiser ces trois là au quotidien, cela n’empêche pas d’aider ! En effet, en 2010 l’OPIE et le Muséum national d’Histoire naturelle ont lancé conjointement le Spipoll : le Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs. Le principe est simple, car il suffit de photographier des insectes en train de butiner pour participer à ce projet de recensement ! On peut participer même sans avoir de jardin et sans connaître les noms des insectes. Il faut simplement :

  • Un appareil permettant de photographier de près (macro)
  • Un ordinateur et une connexion internet
  • Pouvoir télécharger vos photos sur votre ordinateur
  • Un logiciel de retouche d’images (on peut s’en fournir gratuitement sur internet)
  • Éventuellement papier et crayon pour noter vos observations
  • Un peu de disponibilité : 20 minutes d’observation + le temps de poster les photos
  • Un intérêt pour la photographie et les insectes

C’est tout ! D’abord, il faut s’inscrire sur le site du SPIPOLL. Ici la validation peut prendre un peu de temps car elle est actuellement faite à la main et peut prendre jusqu’à 36 heures. Puis la récupération des données se fait en trois phases.

La phase d’observation

Ensuite on peut faire l’observation en elle-même : il existe deux méthodes, la flash et la longue. Pour la première, on choisit une fleur et en prend deux photos. Une en gros plan, et l’autre à 2 à 3 mètres pour la voir dans son élément. Pour de bons résultats d’observations, avant de choisir la fleur on peut regarder si les insectes ont l’air d’être intéressés (la lavande par exemple donne de bons résultats). Ensuite on prend quelques notes : si le vent est fort ou non, la date, l’ensoleillement et les nuages, la température… Tout ce qu’il y a à retenir est indiqué sur le site. Puis pendant 20 minutes on photographie tous les insectes venant s’y poser. Pour la version flash, ce laps de temps suffit. Pour la version longue on photographie durant 20 minutes minimum sur trois jours maximum. C’est à dire que l’on revient plusieurs fois sur la plante (la même espèce au même endroit) pour obtenir des données plus complètes qu’avec la première version. Ces photographies et informations constituent une « collection ». On peut retourner en faire une sur la même plante au même endroit en attendant quinze jours, le temps que les insectes se renouvellent.

La phase de sélection des photographies

Suite à la phase d’observation, vient ensuite le moment où l’on trie ses photographies. On garde d’abord les deux où l’on voit la plante en gros plan et dans son élément. Puis ensuite on supprime toutes les photographies floues ou qui ne présentent pas assez de détails de l’insecte. Puis on recadre sur la fleur et l’insecte au format 4:3 en conservant leur intégralité, et oriente la photographie de façon à ce que la bête ait la tête vers le haut. Et enfin on en sélectionne une par insecte, que l’on convertit en format .jpg, en mettant de côté les autres qui aideront à l’identification.

 

Ce schéma du SPIPOLL donne étape par étape toutes les démarches à effectuer
Schéma reprenant toutes les étapes d’une participation. ©SPIPOLL

Une collection peut ne contenir uniquement que les photographies des fleurs si aucun insecte ne s’est présenté durant la durée de la session. Ce sont également des données intéressantes.

La phase de mise en ligne des données

Ici il nous suffit ensuite de se connecter à son compte sur le site et de sélectionner « Créer une collection ». Il nous sera alors demandé de remplir les différents champs. C’est ici que l’on donne toutes les informations acquises. Les photographies des fleurs, des insectes, le lieu des prises de vues, les noms des insectes, le temps qu’il faisait… Concernant les noms des plantes et des insectes, si on ne les connaît pas, pas de panique ! Des outils sont présents sur le site pour nous aider à les identifier. Pour celui sur les insectes, il ne marche pas sur Google chrome et est optimisé pour Firefox. Pour valider une collection il faut qu’au moins 50% des insectes présents soient identifiés.

Une fois la collection validée, on peut en commencer une autre ou regarder celles des autres participants ! Il peut par exemple être intéressant de regarder ce qu’il y a déjà dans notre ville. Ainsi si personne n’a eu l’idée de faire une collection dans un parc près de chez nous, ça peut être l’occasion de le faire et de sortir de son jardin, afin de voir d’autres espèces de plantes et insectes. On peut aussi communiquer avec les autres Spipolliens en leur posant des questions sur leurs photos ou en discutant sur le forum.

Participer à enrichir la banque de données du Spipoll permet de contribuer à améliorer les connaissances sur les insectes pollinisateurs en France. De notre côté, on acquiert des connaissances tout en pratiquant ce qui nous plaît. De plus cela permet d’établir des contacts avec des personnes possédant les mêmes centres d’intérêts !

Les différents sites à retenir

Les principaux sites sérieux en lien avec cet article sont listés ci-dessous. Si connaissez d’autres sites participatifs de ce genre n’hésitez pas à m’en faire part afin que je complète cette liste.

Petit plus z’aine : J’ajoute à cette liste le site de Tela Botanica, le réseau de la botanique francophone. Restez à l’affût car après avoir proposé par deux fois des MOOC sur l’initiation à la reconnaissance des plantes, ce site va ouvrir une nouvelle formation gratuite en ligne vers le mois d’octobre…

Badge du MOOC botanique de Tela Botanica
Badge attestant le suivi du MOOC botanique ©Tela Botanica

J’espère vous avoir donné envie de contribuer à ces sciences participatives. Rappelez-vous qu’il n’y a pas besoin de s’y connaître. C’est ouvert au grand public et cela ne peut que nous aider à élargir nos connaissances. De plus une inscription ou participation n’engage à rien d’autre. Avez-vous déjà participé à des sciences participatives ? Y avez-vous initié vos enfants ou petits enfants afin de leur apprendre à respecter la biodiversité ? Avez-vous trouvé des espèces en danger ou invasives ? Rien de tel que d’apprendre à connaître les insectes et la biodiversité en général pour mieux les protéger !

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5 commentaires sur “Participer au recensement des insectes pollinisateurs

  1. Salut Ana !!
    Ton article est super intéressant. Je vais d’ailleurs le rebloguer afin de le faire connaitre encore d’avantage tellement il est important que l’on se penche sur la question concernant les menaces qui pèsent sur la biodiversité.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour le commentaire, encore une fois ! Et oui il me semble important de se pencher là dessus, surtout qu’avec le recensement participatif c’est ouvert à tout le monde. Sans besoin de connaître les espèces ou d’être photographe.

      Aimé par 1 personne

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