La pédagogie Montessori ou méthode pour parents bienveillants [2/2]

Enfants qui apprennent les bases de la vie par le jeu.

Chose promise, chose due ! Voici la suite de l’article publié la semaine dernière, qui était la partie un de la méthode Montessori. Nous avions parlé d’avantage du côté pratique de la pédagogie Montessori, en apprenant comment aménager son environnement pour que l’enfant puisse apprendre et s’épanouir en toute sécurité. Dans cette partie nous allons plutôt voir le côté psychologique. Comment cette méthode agit sur nos enfants et de quelle façon l’appliquer.

On montre l’exemple

En incarnant et montrant ce qu’on veut transmettre…

Quand on a des enfants, on remarque assez vite qu’ils essaient de nous imiter. Nous sommes leurs modèles, leurs repères. Ils apprennent avant tout en nous observant et en refaisant nos propres gestes du quotidien. Si on leur demande de ne pas dire de gros mots ou d’être poli alors qu’on ne le fait pas soi-même, comment être crédible ? De plus l’enfant risque de se sentir rabaissé, pourquoi lui n’a pas le droit alors que nous, oui ?

Il faut alors se poser la question : quelles sont les valeurs que l’on souhaite transmettre à son enfant ? Si on veut qu’il soit poli, respectueux, alors le meilleur moyen qu’il le devienne n’est pas de lui crier dessus pour qu’il le soit mais de devenir ce qu’on veut qu’il soit. Si on applique soi-même les règles de base de vie en société alors notre enfant les appliquera également naturellement, par mimétisme.

De la même façon si on veut qu’il soit gentil et bienveillant avec les autres c’est à nous de montrer comment faire. En ne critiquant pas les autres, en apportant son aide à ceux qui en ont besoin… En agissant avec les autres de la même façon dont on aimerait qu’on nous traite.

…Avant de se mettre en retrait

Si l’on veut que son enfant progresse seul, on lui montre comment faire avant de le laisser faire à son tour. On essaie d’interagir le moins possible, que l’enfant puisse expérimenter, essayer, et se rendre compte par lui-même de ce qui est bien ou non.

On le laisse expérimenter et se tromper

En se libérant de ses propres peurs

Enfants qui apprennent les bases de la vie par le jeu.
Certains jeux jugés salissants sont pourtant utiles au développement des enfants. ©Pixabay

Le plus grand frein à l’autonomie de nos enfants sont nos propres peurs.Peur que notre enfant se fasse mal, qu’il se coupe, se brûle, se salisse, ait trop chaud, trop froid, ou encore qu’il salisse la maison ou déchire ses vêtements. La liste est beaucoup trop longue pour être entièrement citée. Et on a alors tendance à freiner les ardeurs de nos bouts de choux à cause de ces peurs. À vouloir les aider, voire à faire à leur place. Mais toutes ces bonnes intentions de protection ne sont pas idéales pour leur développement. Ça ralentit leur apprentissage des choses. Alors même si c’est difficile, on prend sur soi et on laisse nos enfants prendre des initiatives. Car à terme, à toujours les empêcher de faire, à les rabaisser en leur disant qu’ils sont trop petits par exemple, on prend le risque de leur faire perdre confiance en eux et en leurs capacités. Or lorsqu’on pratique la parentalité positive ce qu’on veut c’est qu’ils se développent harmonieusement, et non pas qu’ils se renferment sur eux-mêmes de peur de faire quelque chose de mal.

En le laissant prendre confiance en lui-même

Quand on laisse un enfant faire une activité, il ne va pas forcément y arriver tout de suite. S’il n’a pas confiance en lui il va alors laisser tomber rapidement avant de passer à une autre. Il se lassera vite et va se sentir incapable de réaliser quelque chose. Il va se dévaloriser encore d’avantage. D’autant plus s’il n’arrive pas à faire la suivante et encore celles d’après. Cela va le frustrer, l’énerver et surtout lui donner une idée erronée de ses propres capacités.

Alors quand son enfant échoue, notre rôle est de lui donner envie de réessayer. De le motiver afin qu’il ait envie de se surpasser. Ainsi à force d’essayer il va augmenter ses capacités puisqu’il aura plus d’expérience et va arriver à faire ce qu’il veut. Et quand il arrivera alors il sera fier de lui et de ses compétences. Et plus il aura confiance en lui, plus il aura envie de faire d’autres choses, et pourra gagner en autonomie en comparant ses expériences échouées et celles réussies. Lui proposer de réessayer en cas d’erreur peut également lui donner le goût de l’effort.

En lui permettant de s’auto évaluer

En permettant à son enfant d’expérimenter par lui-même ça lui donne l’occasion d’expérimenter l’échec et le succès. Grâce à cela, il pourra juger seul de ce qui est faisable ou non, de ce qu’il peut faire et ce qu’il n’arrive pas encore. On lui donne ainsi le moyen de s’évaluer seul. De lui-même il saura qu’il peut faire tel ou telle chose grâce à ses expériences passées. Il est important de ne pas le rabaisser ou au contraire le sur estimer, au risque de fausser encore une fois la vision de lui-même.

Petit plus z’aine : Certains exercices et objets adaptés permettent de faire cela facilement. Je pense par exemple à certains jeux de couleurs ou de formes qu’il suffit de retourner pour avoir la réponse. L’enfant peut ainsi facilement se corriger seul.

Les jeux en bois de la méthode Montessori permettent aux enfants d'apprendre en autonomie.
Certains jeux en bois permettent aux enfants de se corriger seuls. ©Pixabay

On l’observe et l’éduque avec bienveillance

En respectant et s’adaptant à son rythme

L’idée est de lui laisser le temps de faire les choses. Leur rythme est différent de celui des adultes et chaque enfant est différent des autres. Certains ont besoin de plus de temps pour effectuer certaines tâches. Notre rôle de parent est alors d’observer son enfant afin de connaître son rythme, de voir ce dont il a besoin sur le moment. Selon Maria Montessori chaque enfant passe par des périodes dites « Période sensible ». Ce sont des moments passagers ou notre fils ou notre fille sera totalement absorbé par l’acquisition d’une compétence ou d’un savoir, qu’il ou elle apprendra beaucoup plus facilement à ce moment clé là. Il existe six périodes sensibles d’après la créatrice de la pédagogie :

  • Celle de l’ordre, de la naissance à 6 ans
  • Celle du langage, entre 2 mois à 6 ans
  • Celle de la coordination des mouvements, de 18 mois à 4 ans
  • Celle du raffinement des sens, de 18 mois à 5 ans
  • Celle des petits objets, entre 1 et 2 ans
  • Celle du comportement social, entre 2 ans ½ et 6 ans

Toutes ces périodes sont approximatives et changeront d’un enfant à l’autre. Mais ça donne un ordre d’idée, et permet de savoir environ vers quelle âge faire attention au développement de chaque compétence liée aux périodes sensibles. Il est très important d’observer son enfant, de noter son changement de comportement et de savoir quand est-ce que ses facultés d’apprentissage sont accentuées afin de lui proposer le matériel adapté pour progresser. De même, lors de ces moments là nous devons nous freiner au maximum pour le laisser essayer, tester, expérimenter et apprendre seul. Une fois la période sensible passée, il sera beaucoup plus difficile d’apprendre ces compétences.

Concernant le respect du rythme, cela ne concerne pas seulement les périodes sensibles. Lorsqu’on sort au parc par exemple, au moment de rentrer on ne le brusque pas et lui laisse le temps de se préparer à le faire. On lui annonce quelques minutes avant que l’on va rentrer pour lui permettre de terminer de jouer. On lui apprend de cette façon à gérer sa frustration. On le laisse également ranger ses affaires ou marcher selon ses capacités et sa vitesse.

En donnant une certaine liberté, à l’intérieur d’un cadre

Nous l’avons vu dans la première partie, lui offrir un cadre sécurisé permet à notre enfant d’avoir plus d’autonomie en prenant moins de risques. D’être moins frustré ou freiné par les choses dangereuses. Lui mettre sans arrêt des barrières – que ce soit pour son bien ou non – ne fera que l’empêcher de s’épanouir. Il risque de se replier, freiner ses envies, ne plus prendre aucune initiative et risque même d’avoir beaucoup de mal à apprendre si on ne lui offre pas ce dont il a besoin lors d’une période sensible.

En le considérant comme un individu à part entière

Chaque enfant a sa propre personnalité, ses propres peurs et besoins. Ce n’est pas parce que la fille de untel se coiffe seule à cinq ans que la nôtre y arrivera également ! Par contre, peut-être qu’elle arrivera à lacer ses chaussures ou compter jusqu’à cent. Certains enfants sont extravertis, d’autres introvertis, certains sont manuels d’autres cérébraux… Ils ont tous des caractères et capacités différents, tout comme les adultes ! Le nier c’est nier leurs besoins, les forcer à entrer dans un moule, dans un rôle. C’est comme les effacer eux, ce qu’ils sont.

Un enfant fait la vaisselle en autonomie.
Jeune enfant faisant seul la vaisselle. ©Pixabay

On a tendance à les traiter comme des personnes inférieures à nous en leur donnant des ordres, leur demandant de faire des choses. Alors que si on fait avec eux en montrant l’exemple, ils feront volontiers. Et tout va bien lorsqu’on fait en famille et pas chacun dans son coin. Ranger sa chambre sera plus amusant et moins pénible avec maman que seul. Et il sera content de pouvoir aider à faire les tâches ménagères comme un grand ensuite. Pourquoi le limiter à sa chambre ? Tant que l’enfant est demandeur il ne faut pas hésiter à le mettre à contribution. Au contraire, il se sentira d’avantage impliqué dans la vie de famille et ne sera plus « à part » des adultes.

De la même façon, on respecte leurs décisions. S’il ne veut pas de bisou, on en fait pas un de force. On propose les choses, et on le laisse ensuite décider. Et si on veut quelque chose en particulier alors on peut laisser le choix. Par exemple plutôt que de dire d’aller s’habiller et de risquer un « Non » ! On propose « On met la robe ou le pantalon ? ». On lui laisse le choix alors qu’au final nous avons ce que nous voulons : il fini par s’habiller. Mais sans cris, sans imposer quoi que ce soit et en plus en laissant l’enfant s’impliquer. On offre là encore une certaine liberté à l’intérieur d’un cadre.

Le considérer comme une personne à part entière c’est aussi prendre le temps de leur expliquer les choses. Il peut arriver de ne pas vouloir dire un événement pour préserver son enfant. Mais il n’est pas dupe, il sentira bien que quelque chose cloche, qu’on lui ment ou pire qu’on a pas confiance en lui puisqu’on ne veut pas lui dire. Là encore, il peut se sentir en retrait de la famille et se renfermer sur lui-même. Alors même si ce sont des choses difficiles à entendre, on explique avec des mots adaptés. Mais on ne cache rien et on ne ment pas. Parfois on peut être surpris de leur maturité et compréhension face à certaines choses.

La pédagogie Montessori permet d’aider l’enfant à être autonome. C’est un accompagnement évolutif. Mais le plus important à garder en tête, c’est que c’est surtout à adapter à chaque enfant, selon son désir d’apprendre et ses possibilités. On ne force pas un enfant à faire seul, on l’accompagne au quotidien en lui donnant les moyens de faire en toute autonomie.

Tout cela est le fruit de mes différentes lectures et de mes expériences personnelles avec mes fils de 2 ans et 5 ans. Ce n’est pas une science exacte et il se peut que vous trouviez certaines parties fausses ou non adaptées. C’est votre droit. Ces deux articles sont la synthèse que j’en ai faite, via ma propre vision des choses. Pour moi le plus important est surtout d’écouter son enfant car c’est lui qui nous indiquera quoi faire. Et aussi de se donner les moyens d’être à son écoute. Car avec nos vies actuelles le plus difficile n’est pas de s’occuper de nos enfants mais de nous en occuper pleinement. D’être là physiquement et psychologiquement avec eux, sans penser à autre chose. Sans être énervé de la journée passée ou celle à venir. Sans être frustré car on a pas eu le temps de se recentrer sur soi-même.

Au final, la pédagogie Montessori permet de faire grandir les deux parties : à la fois les enfants et les parents.

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