La pédagogie Montessori ou méthode pour parents bienveillants [1/2]

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La méthode Montessori privilégie les jeux en bois.

La méthode Montessori est une philosophie d’éducation mise en place par Maria Montessori au début du XX ème siècle. Le principe est simple, il s’agit de laisser libre cours aux élans spontanés de l’enfant dans un cadre adapté. L’idée n’est pas de laisser l’enfant livré à lui-même mais de lui donner les moyens de gagner en autonomie.

Le grand slogan de l’éducation Montessori est le suivant :

« Apprends-moi à faire seul ! »

Combien de fois nous est-il arrivé de freiner son bout de chou en lui disant « Non attention ! » , « Fais pas ça ! », « Non c’est dangereux ! », « Touche pas à ça ! ». Pour ma part je n’ai pas compté tellement c’est incalculable. Pour mon plus grand – le prématuré – j’ai eu tendance à le surprotéger. Non seulement il était l’aîné et je n’avais donc pas l’expérience de mère, mais de plus il était fragile physiquement. Nous lui avons acheté plein d’objets inutiles censés assurer sa sécurité (parc, lit à barreaux, stérilisateur de biberons…), alors qu’en fait ce n’est pas lui qu’il fallait enfermer… Mais tout ce qui était dangereux ! Non seulement il aurait gagné en autonomie bien plus vite mais ça nous aurait évité de dépenser de l’argent bêtement. C’est ça les principes de base de Montessori, c’est offrir un cadre de vie adapté à l’enfant, à ses besoins, qui ne soit pas dangereux afin qu’il puisse apprendre librement sans contraintes !

On commence par adapter son environnement

Pour que l’enfant puisse se développer à sa guise en toute sécurité, on lui offre un terrain de découverte géant : la maison. Non seulement lui il gagne plus en autonomie, mais nous de notre côté on a plus de temps pour nous ! Il est bien plus facile de pratiquer l’éducation bienveillante quand on a pas à stresser et s’inquiéter pour notre progéniture à chaque chose qu’elle fait – même si, on est d’accord, on s’inquiète en permanence pour eux -.

Dans l’entrée

On peut adapter la maison à l’enfant des l’entrée. Des portes-manteaux à sa hauteur (comme à l’école) pour qu’il puisse prendre son vêtement seul, un petit banc à sa taille pour s’asseoir en mettant ses chaussures, un endroit accessible où les ranger…

Dans le salon

Jouer tout seul dans sa chambre n’est pas drôle, les enfants aiment être en présence des adultes. Le salon risque vite d’être envahi de jouets en tout genre. Pour éviter ça, on peut préserver un endroit dédié au jeu dans la pièce, délimité par un tapis que l’on peut dérouler. Un petit bac ou coffre peut contenir quelques jouets, que l’enfant pourra sortir à sa guise sur son espace. Ainsi l’enfant pourra participer à la vie familiale tout en ayant son coin personnel.

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On intègre l’enfant dans ses différentes activités.

Dans la cuisine

L’enfant peut aider à la préparation des repas. Selon son âge et ses demandes, on lui donnera des tâches de plus en plus difficiles. Au départ il peut aider à mettre la table, débarrasser ses propres couverts ou amener sa serviette à sa place. Par la suite il pourra éplucher les légumes, les couper, les mettre dans le saladier, ou même préparer un gâteau en toute autonomie. On peut installer une « Tour d’observation Montessori » pour aider les plus petits à être à la bonne hauteur.
À table il se sert tout seul, ce qui lui permet d’apprendre à connaître son appétit. Un verre et de l’eau sont disponibles en permanence, que ce soit l’heure du repas ou non.

Petit plus z’aine : Ici pour se repérer plus facilement nous avons attribué une fonction à chaque étage du réfrigérateur, dans l’ordre où on les mange : l’étage le plus haut contient les entrées, le second les plats principaux, le troisième le fromage et le beurre et le dernier les desserts. Le quatrième est le plus accessible car le plus bas, et c’est également celui dont ils ont le plus besoin d’avoir accès à mon sens. En fin de repas ils peuvent aller choisir tout seuls leur dessert.
Ils ont également « leur » placard avec les serviettes en tissu, les couverts et verres en plastiques et tout ce qu’ils peuvent manger sans être préparés : biberons, compotes, goûters.

Dans sa chambre

On sécurise en installant des cache-prises, on s’assure que les étagères tiennent fermement au mur et on met des bloc portes aux placards où ils risquent de se coincer les doigts. On peut diviser la chambre en quatre : une partie sommeil, une partie activités, une partie change et un coin au calme. Cette division n’est pas obligatoire mais ça peut être un repère pour l’enfant.

La partie sommeil

On commence par bannir le lit à barreaux ! Je ne suis pas un exemple puisque j’ai eu le même lit pour mes deux fils, et pour les deux ça a été vraiment la grosse galère quand ils sont passés au lit simple vers deux trois ans. Ils se relevaient tout le temps, passaient au moins une à deux heures le soir à faire la java avant de s’endormir épuisés… Non, là, on leur donne les bonnes habitudes dès le début. Ainsi, pas de « rupture » : il savent déjà s’endormir tranquillement. Vers 6 mois (Dès qu’il peut se retourner et rouler sur lui-même), on peut coucher son bout de chou sur un matelas bordé de tapis épais. Ainsi au réveil il ne pleurera pas pour qu’on le sorte de sa cage : il pourra aller visiter seul son environnement.

La partie activités

Peut contenir un tapis d’éveil et des mobiles. Quelques jouets restent sortis afin qu’il puisse s’en servir à sa guise. Cinq à six suffisent, il ne faut pas surcharger la chambre – Et l’enfant -. Les autres sont rangés dans un panier ou un coffre, et c’est à nous de faire la rotation régulièrement. À savoir qu’un bout de chou ne sait pas choisir, avant cinq ans s’il a tout à disposition il ne va pas réussir à fixer son attention. On peut aussi installer un miroir (Attention à bien le fixer) pour qu’il puisse avoir un « Ami » qui l’accompagne. Une barre de préhension non loin du miroir l’aidera à s’observer et se mettre debout.

Le coin change

Une commode suffit pour le départ, sur laquelle on peut mettre un matelas et les accessoires utiles (Couches, liniment…). Par la suite elle pourra servir d’armoire où l’enfant viendra piocher lui-même ses vêtements vers l’âge de deux ans. Pour les tenues on préfère les choses faciles à mettre et enfiler : des élastiques à la taille, des scratch, des couches culottes pour ceux qui ne sont pas encore tout à fait propres.

Le coin calme

Est composé d’un fauteuil et de quelques livres avec la face visible. Les autres peuvent être rangés dans un range livres accessible, et là encore on alterne régulièrement. Il est recommandé pour les plus petits de favoriser les livres de comptines et ancrés dans le monde réel. Plus l’enfant va grandir, plus il pourra s’évader dans des mondes imaginaires. Chez nous, l’ancien lit à barreaux que j’avais étant petite a été recyclé en divan : hop, une petite idée de recyclage d’anciens objets !

Petit plus z’aine : En France, la littérature jeunesse est encadrée par la loi n°49-956 de 1949. Si vous avez un doute concernant un livre et qu’il ne mentionne pas cette loi, méfiez-vous ! Lisez-le avant de le laisser en libre accès à votre enfant, afin de vérifier si c’est effectivement bien adapté (Surtout pour les romans et bandes dessinées des plus grands).

Vers l’âge de deux à trois ans, on peut ajouter un espace avec une table à sa hauteur et des crayons adaptés, afin qu’il puisse laisser libre cours à son imagination. En règle générale, la chambre doit avoir une décoration épurée et sobre et dégager une ambiance calme et apaisée. Maria Montessori préconise de se mettre à la place de l’enfant : se mettre à quatre pattes, s’allonger au sol, afin de vérifier que l’endroit est parfaitement adapté. Sa chambre c’est tout de même « Son » lieu d’épanouissement privilégié. Il est nécessaire que tout y soit sécurisé, facile à prendre et à ranger.

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Se mettre à hauteur d’enfant permet de vérifier que la pièce est adaptée.

Dans la salle de bains

Pour les petites salles de bains un marchepieds est le minimum à installer pour avoir accès au lavabo. Pour les enfants plus jeunes, une bassine attachée au rebord de la baignoire peut faire office de lavabo. Dans les pièces avec plus d’espace on peut installer un mini lavabo ou une cuvette dans une vieille chaise à la place de la partie assise et placer un miroir sur le dossier. On obtient ainsi un meuble adapté aux tout-petits pour trois fois rien. Pour la douche en elle-même, un enfant habitué tôt à se laver peut réussir à le faire seul dès deux à trois ans.

Petit plus z’aine : Ici nous avons le même produit à douche pour toute la famille, un grand flacon faisant à la fois corps et cheveux où il suffit d’appuyer pour avoir une dose de produit : simple et facile d’utilisation ! Les autres produits sur le rebord de la baignoire sont un shampoing solide et un savon d’hygiène intime, c’est tout ! Pratique et minimaliste à la fois.

Cet article se termine ici avec cette première partie basée sur le côté pratique de la pédagogie Montessori. La semaine prochaine j’aborderais d’avantage le côté psychologique. Alors je vous donne rendez-vous le week-end prochain pour la seconde partie.

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